Je dis que je vais les emmener. Çafera du bien de partirpeu


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J'avais envie que tu le saches.

Pourquoi maintenant ?

Je ne sais pas... Est-ce que ce n'est pas incroyable dequelqu'un et de se dire : avec cette personne, je suis bien.

Mais pourquoi tu me dis ça maintenant ?

Parce que quelquefois j'ai l'impression que tu ne te rendscompte de la chance que nous avons...

Mathilde ?

Oui.

Tu vas me quitter ?

Non.

Tu n'es pas heureuse ?

Pas très."

« Et nous nous sommes tus.

« Le lendemain nous sommes allés crapahuter dans laet le surlendemain, nous sommes repartis chacun de notre côté.tisane refroidissait.

C'est fini?

Presque.

«semaines plus tard, elle est venue à Paris et m'a demandé de luiun moment. J'étais heureux et contrarié à la fois. Nous avons marchéen parlant à peine et puis je l'ai emmenée déjeuner au rond-point desElysées.

« Alors que je m'enhardissais à prendre ses mains dans les, elle m'a assommé :

« "Pierre, je suis.

De qui ?" ai-je répondu en blêmissant.

« Elle s'est levée.

« "De."

«a enfilé son manteau et repoussé sa chaise. Un sourire magnifique barraitvisage.

«

"Je te remercie, tu as prononcé les mots que j'attendais. Oui, j'ai faitce chemin pour m'entendre dire ces deux mots. C'était un peu risqué."

«bafouillais, je voulais me relever mais le pied de la table me... Elle aun signe :

« "Ne bouge."

« Ses yeux.

«

"J'ai eu ce que je voulais. Je n'arrivais pas à te quitter. Je ne peux pasma vie à t'attendre mais je... Rien. Il fallait que j'entende ces deux mots. Il fallait que je la voie taâcheté. Que je la touche avec mon doigt, tu comprends ? Non, ne bouge... ne bouge pas, je te dis ! Ne bouge pas ! Il faut que j'y aille maintenant.suis si fatiguée... Si tu savais comme je suis fatiguée, Pierre... Je... je'en peux plus..."

« Je m'étais levé.

«

"Tu vas me laisser partir, dis ? Tu vas me laisser ? Il faut que tu mepartir maintenant, il faut que tu me laisses... Elle s'étranglait. Tume laisser partir, n'est-ce pas ?"

« J'ai acquiescé.

« "Mais tu le sais que je t'aime, tu le, n'est-ce pas ?"je fini par lâcher.

« Elle s'est éloignée et s'est retournéede franchir la porte.m'a regardé fixement et a secoué la tête de gauche à droite.

*beau-père s'était levétuer une bestiole sur la lampe. Il a versé la fin de la bouteille dansverre.

Maintenant c'est fini ?

Oui.

Vous ne l'avez pas rattrapée ?

Comme dans les films ?

Oui. Au ralenti...

Non. Je suis allé me coucher.

Vous coucher ?

Oui.

Mais où ?

Chez moi, pardi !

Pourquoi ?

Une grande faiblesse, une grande grande lassitude... Depuismois déjà, j'étais obsédé par un arbre mort. À n'importe quelle heurejour ou de la nuit, je rêvais que j'escaladais un arbre mort et que je meglisser dans son tronc creux. Et la chute était douce, douce... commeje rebondissais sur la corolle d'un parachute. Je rebondissais, je tombaisbas et je rebondissais encore. J'y pensais constamment. En réunion, à table, dans ma voiture, en cherchantsommeil. J'escaladais mon arbre et je me laissais dégringoler.

Dépression ?

Pas de grand mot, s'il te plaît, pas de grand mot... Tubien comment ça se passe chez les Dippel, ricana-t-il, tu l'as dit tout à'heure.humeur, niécrétion, ni bile. Non, je ne pouvaisécemment pas m'offrir ce genre de caprice. J'ai donc eu une hépatite.'était plus convenable. Je me suiséveillé le lendemain, le blanc des yeux jaune citron, le dégoût de toutles urines sombres et voilà, le tour était joué. Une hépatite carabinée pourhomme qui voyageait, ça tombait sous le sens.

«'est Christine qui m'avait déshabillé ce jour-là.

«ne pouvais plus faire un geste... Pendant un mois, je suis resté dans mon, nauséeux et épuisé. Quand j'avais soif, j'attendais que quelqu'un entre ettende un verre et quand j'avais froid,ne trouvais pas la force de remonter ma couverture. Je ne parlais. J'interdisais qu'on ouvre les volets. J'étais devenu un vieillard. Laé de Suzanne, mon impuissance, les chuchotements des enfants, tout'épuisait. Est-ce qu'on ne pouvait pas fermer la porte une bonne fois pouret me laisser seul avec mon chagrin ? Est-ce que Mathilde serait venue si... Est-ce que... Oh... J'étais sié. Et mes souvenirs, mes regrets et ma lâcheté me terrassaientencore. Les yeux mi-clos et le cœur audes lèvres, je songeais au désastre qu'avait été ma vie. Leétait là et je l'avais laissé passer pour ne pas me compliquer l'existence. C'était si simple pourtant. Ilde tendre la main. Le reste se serait bien arrangé d'une façon ou d'une autre. Tout finit par s'arrangeron est heureux, tu ne penses pas ?

Je ne sais pas.

Si, moi je sais. Tume faire confiance, Chloé.ne sais pas grand-chose mais ça, je le. Je ne suis pas plusqu'un autre seulement j'ai deux fois ton âge. Deux fois ton âge, turends compte ? La vie, même quand tu la nies, même quand tu la négliges,ême quand tu refuses de l'admettre, estforte que toi. Plus forte que tout. Des gens sont revenus des camps et ont refait des enfants. Des hommes etfemmes qu'on a torturés, qui ont vu mourir leurs proches et brûler leuront recommencé à courir après l'autobus, à commenter la météo et àleurs filles. C'est incroyable mais c'est comme ça. La Vie est plusque tout. Et puis, qui sommes-nous pour nous accorder tant d'importance ?nous agitons, nous parlons fort et alors ? Et pourquoi ? Et puis quoi,ès ?

« Qu'est devenue la petite Sylvie pour laquelle Paul est mort danspièce d'à côté ? Qu'est-elle devenue, elle ?

« Le feu va mourir...s'est levé pour remettrebûche.moi, songeais-je, où je suistout ça ?suis où, moi ?était agenouillé devant laée.

Tu me crois, Chloé ? Tu me croisje te dis que la vieplus forte que toi ?

Sûrement...

Tu me fais confiance ?

Ça dépend des jours.

Et aujourd'hui ?

Oui.

Alors tu ferais bien d'aller temaintenant.

Vous ne lavez jamais revue ? Vous navezessayé de prendre de ses? Vouslui avez jamais téléphoné ?a soupiré.

Tu n'en as pas eu assez ?

Non.

J'ai appelé chez sa sœur bien sûr, j'y suis même allé mais

ça n'a servi à rien. L'oiseau s'était envolé... Pour la retrouver il auraitéjà fallu que je sache dans quel hémisphère la chercher... Et puis j'avaisde la laisser tranquille. C'est une qualité que l'on peut meître tout de même. Je suis beau joueur.

C'est complètement idiot ce que vous dites là. Le problème n'était pas d'être bon ou mauvais joueur. Beau ou mauvais perdant. C'est complètementébile comme raisonnement, débile et puéril. Ce n'était pas un jeu quandême... Si ? C'était un jeu ?se réjouissait.

Décidément, je ne me fais pas depour toi, ma grande. Tu'imagines pas l'estime que je te porte. Tu es tout ce que je ne suis pas, tuma géante et ton bon sens nous sauvera tous...

Vous êtes soûl, c'est ça ?

Tu veux rire ? Je ne me suis jamais senti aussi bien !s'est relevé en se tenant au linteau de laée.

Allons nous coucher maintenant.

Vous n'avez pas fini...

Tu veux m'entendre radoter encore ? !

Oui.

Pourquoi ?

Parce que j aime les belles histoires.

Tu trouves que c'est une belle histoire ?

Oui.

Moi aussi...

Vous l'avez revue,'est-ce pas ? Au Palais-Royal

?

Comment tu sais ça ?

C'est vous qui me l'avez dit !

Ah bon ? J'ai dit ça ? J'opinai.

Alors ce sera le dernier acte...

«jour-là, j'invitais des clients au Grand Véfour. C'est Françoise qui avaitorganisé. Millésimes, mains dans le dos et mignardises. J'avais sorti lejeu. Depuis le temps que je devais m'y coller... Ce fut un déjeuner sansérêt. J'ai toujours détesté ça. Passer des heures à table à plaisanter avectypes dont je me fous complètement et me cogner toutes leurs histoires de... En plus, je passais pour le rabat-joie de la bande à cause de mon. Pendant très longtemps, je n'ai plus bu une goutte d'alcool et ai demandégarçons de me dire très précisément ce qu'il y avait dans chaque plat., tu vois le genre d'emmer-deur... Et puis, je n'aime pas tellement la compagniehommes. Ils m'ennuient. Rien n'a changé depuis les années de pensionnat.farauds sont toujours les mêmes et les fayots aussi...

« J'en

étais donc là de ma vie, devant la porte d'un grand restaurant, un peu lourd,peu las à taper dans le dos d'un autre gros cigare en rêvant du moment où jeenfin desserrer ma ceinture quand je l'ai aperçue. Elle marchait, courait presque et traînait derrière elle un petit garçon mécontent.

"Mathilde ?" ai-je murmuré. Je l'ai vue pâlir. J'ai vu le sol seérober sous ses pieds. Elle n'a pas ralenti. "Mathilde !", ai-jeépété plus fort, "Mathilde !" Et je suis parti comme un voleur.

"Mathiiilde !" Je hurlais presque. Le petit garçon s'était retourné.

«l'ai invitée à boire un café sous les arcades.n'a pas eu la force de refuser, elle... Elle était si belle encore. Je me forçais. J'étais ungauche, un peu bête, un peu badin. C'était difficile.

«ù vivait-elle ? Pourquoi était-elle ici ? Qu'elleparle d'elle. Dis-moi comment tu vas ? Tu vis ici ? Tu vis à Paris ? Elle répondait de mauvaise grâce. Elle était mal à l'aise etle bout de sa petite cuillère. De toute façon je ne lecoutais, je ne l'écoutais plus. Je regardais ce petit garçon blond qui avaitécupéré tous les quignons de pain des tables voisines et lançait des miettes aux oiseaux. Il avait fait deux tas,pour les moineaux, l'autre pour les pigeons et régentait tout cemonde avec passion. Les pigeons nepas venir manger les miettes des plus petits. "Go away/" criait-il en leur donnantcoups de pied, "Go away you stupid bird !" Auoù je me suis retourné versmère en ouvrant la bouche,ma coupé la parole :

«

"Ne te fatigue pas, Pierre, ne te fatigue pas. Il n'a pas cinq ans... Il'a pas cinq ans, tu comprends ?"

« J ai refermé ma bouche.

« "Comment s'appelle-t-il

?

Tom.

Il parle anglais ?

Anglais et français.

Tu as d'autres enfants ?

Non.

Tu... Tu... Je veux dire... tu vis avec quelqu'un ?"

« Elle a raclé le sucre au fond de sa tasse et m'a souri.

« "Il faut que j'y aille maintenant. On nous attend.

Déjà?"

« Elle'était levée.

« "Je peux vous déposerpart, je..."

« Elle a pris son sac.

« "Pierre, je t'en prie..."

« Et là, j'ai craqué. Je ne m'y attendais pas du tout. Je me suis mis à pleurer comme une Madeleine.... Il était pour moi ce gamin. C'était à moi de lui montrer comment chasserpigeons, c'était à moi de ramasser son pull et de lui remettre sa. C'était à moi de le faire. En plus, je savais qu'elle me mentait !avait plus de quatre ans ce gamin-là. Je n'étais pas aveugle quand même ! Je savais bien qu'elle me mentait.elle me mentait comme ça ? ! Pourquoi elle m'avait menti ? On n'a pasdroit decomme ça ! On... Je sanglotais. Je voulais lui dire que...

« Elle a poussé sa chaise.

«

"Je te laisse maintenant. Moi j'ai déjà tout pleuré."

après ?

ès je suis...

Non mais je veux dire, avec Mathilde,ès ?

Après c'est fini.

Fini, fini ?

.silence.

mentait ?

Non. Depuis j'ai fait attention. J'aié avec d'autres gamins,tes filles... non, je crois qu'elle ne mentait pas. Les enfants sont simaintenant... Avec toutes ces vitamines que vous mettez dans leurs... Je pense à lui quelquefois. Il doit avoir presque quinze ans'hui... Il doit être immense ce gosse.

Vous n'avez jamais essayé de la revoir ?

Non.

Et aujourd'hui ? Peut-être qu'elle...

Aujourd'hui c'est fini. Aujourd'hui je... Je ne sais mêmesi je serais encore capable de la...dépliait le pare-feu.

Je n'ai plus envie d'en parler.est allé fermer la porte d'entrée à cléa éteint toutes les lampes. Je ne bougeais pas du canapé.

Allez, Chloé... Tu as vu l'heure ? Va te coumaintenant.ne répondais pas.

m'entends ?

Alors c'est une connerie l'amour ?'est ça ? Ça ne marche?

Si, ça marche. Mais il faut se battre...

Se battre comment ?

Se battre un petit peu. Un petit peu chaque jour, avoir led'être soi-même, décider d'être heur...

Oh ! comme c'est beau ce que vouslà ! On dirait du Paulo...

Moque-toi, moque-toi...

Être soi-même, ça veut dire planter sa femme et ses gosses

?

Qui parle de planter ses gosses ?

Oh ! Arrêtez. Vous comprenez bien ceje veux dire...

Non.m'étais remise à pleurer.

Allez ! partez maintenant. Laissez-moi. Je n'en peux plusvos bons sentiments. Je n'en peux plus. Vous me gavez monsieur FÉcorché vif,me gavez...

J'y vais, j'y vais. Demandé si gentiment...moment de sortir de la pièce, il a dit

:

Une dernière histoire, je peux ?ne voulais pas.

Un jour, il y a bien longtemps, je suis allé
à la boulangerie avec ma petite fille. C'était rare

j'aille à la boulangerie avec ma petite fille.

'était rare que je lui donne la main et c'était

rare encore que je sois seul avec elle. Ce

être un dimanche matin, il y avait du

dans la boulangerie, les gens achetaient

fraisiers ou des vacherins. En sortant, mafille m'a demandé de lui donner leûtonla baguette. J'ai refusé. Non, luije répondu,. Quand nous serons à table. Nous sommes

és et nous nous sommes tous assis pour

éjeuner. Une gentille petite famille. C'est moi

ai coupé le pain. J'y tenais. Je voulais hono

ma promesse. Mais quand j'ai tendu le croû

à ma petite fille, elle l'a donné à son frère.

« "Mais tu m'as dit que tu le...

—  C'était tout à l'heure que je le voulais,t-eUe répondu en dépliant sa serviette.

—  Mais, il a le même goût, ai-je insisté,'est le même..."

« Elle a tourné la tête.

"Non merci."

« Je vais aller me coucher, je vais te laisser dans le noir si'est ça que tu veux mais avant d'éteindre, je voudrais poser une question. Jete la pose pas à toi, je ne me la pose pas à moi, je la pose aux boiseries ;

« Est-ce que cette petite fille têtue n'aurait pas préféré vivre avec un papa plus heureux ?
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