Je dis que je vais les emmener. Çafera du bien de partirpeu


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«soir, je suis allé dîner avec des types de la Cornex. Je n'ai rien mangé.'acquiesçais. Je répondais oui ou non sans. Elle me hantait.

« Elle me hantait, tu?s'était agenouillé devant la cheminée et activait lentement le soufflet.

Quand je suis revenu à l'hôtel, laéceptionniste ma tendu unavec ma clé. Une petite écriture me demandait encore :

«

"Ce n'était pas vrai ?"

«était assise au bar et me regardait en souriant.

«me suis approché en me frappant doucement la poitrine.

« Je tapotais mon pauvre cœur détraqué pour qu'il se remette à.

« J'étais si heureux. Je ne l'avais pas perdue. Pas encore.

«heureux et surpris aussi parce qu'elle avait changé de tenue* Elle portaitun vieux blue-jean et un tee-shirt informe.

«

"Vous vous êtes changée ?

Euh... Oui.

Mais pourquoi ?

Quand vous m'avez vue tout à l'heure, j'étais déguisée. Je'habille comme ça quand je travaille avec les Chinois de la vieille école.'ai remarqué que ça leur plaisait, ce côté old-fashioned, que ça les... Je ne sais pas... Ils se sentent plus en confiance... Je meéguise en vieille fille et je deviens.

Mais vous n'aviez pas l'air d'unefille, je vous assure

! Vous... Vous étiez très bien... Vous... Je... Enfin, je trouve ça dommage...

Que je me sois changée ?

Oui.

Vous aussi, vous me préfériez plus?"

« Elle souriait. Je fondais.

« "Je ne crois pas du tout que vous soyez moins dangereusevotre petite jupe verte. Je ne le crois pas du tout, du tout, du."

« Nous avons commandé des bières chinoises. Elle s'appelait Mathilde, elle avaitans et si elle m'avait épaté, elle n'avait aucun mérite : son père etdeux frères travaillaient pour la compagnie. Elle connaissait tout ce jargon par cœur. Elle avait habité touspays pétro-du monde, fréquentéécoles et appris des milliers de gros mots dans toutes les langues.ne pouvait pas dire où elle vivait exactement.ne possédait rien. Que des souvenirs. Que des amis. Elle aimaittravail Traduire des pensées et jonglerles mots. En ce moment, elle était à Hongkong car il suffisait dela main pour trouver du travail. Elle aimait cette ville où lesciel poussent en une nuit et où Ion peut dîner dans un bouge un peuen marchant cinquante mètres de plus.aimait l'énergie de cette ville. Elle avait passé quelques années en France quand elle était enfant et y revenaittemps en temps pour voir ses cousins. Un jour elle achèterait unelà-bas. N'importe quoi n'importe où. Du moment qu'il y avait des vachesune cheminée. En même temps qu'ellecela, elle riait, elle avait peur des vaches ! Elle me volait deset répondait à toutes mesen commençant par lever lesau ciel. Elle m'en posait certaines mais je les chassais, jel'entendre, elle, je voulais entendre le son de sa voix, son petit, ses expressions incertaines ouémodées. Je n'en perdais pas une miette. Je voulais m'imprégner d'elle,son visage. Déjà j'adorais son cou, ses mains, la forme de ses ongles, sonun peu bombé, son petit nez adorable, ses grains de beauté, ses cernes, ses yeux graves... J'étais complètement gaga. Tu souris?

Je ne vous reconnais pas...

as toujours froid ?

,

ça va.

Elle me fascinait... J'aurais voulu que le

s'arrête de tourner. Que cette nuit ne

jamais. Je ne voulais plus la quitter. Plus

. Je voulais rester avachi dans ce fauteuil

l'écouter me raconter sa vie jusqu'à la fin des

. Je voulais l'impossible. Sans le savoir,

'inaugurais là la teneur de notre histoire... des

suspendues, irréelles, impossibles à rete

, à endiguer. Impossibles à savourer aussi. Et

elle s'est levée. Elle travaillait tôt le lende

. Toujours pour Singh and Co. Elle l'aimaitce vieux renard, mais il fallait'elle dormequ'il était terrible ! Je me suis levé en

ême temps qu elle. Mon cœur me lâchait de

. J'avais peur de la perdre. J'ai bara

é quelque chose pendant qu'elle enfilait sa

.

«"Pardon?

Jeeurouerdre.

Qu'est-ce que vous dites ?

Je dis que j'ai peur de vous perdre."

« Elle a souri. Elle ne disait rien. Elle souriait et pivotaitégèrement d'avant en arrière en se retenant au col de sa veste. Je l'aiée. Sa bouche était fermée. J'ai embrassé son sourire. Elle a secoué laête et m'a repoussé gentiment.

« J'aurais pu tomber à la renverse.

— 'est?

— .

Vous ne voulez pas me raconter la suite, c'est ça ? C'esté blanc ?

Pas du tout ! Pas du tout, ma pauvre... Elle est repartie et je me suis rassis. J'ai passé lede la nuit à rêvasser en lissant son petit mot sur ma cuisse. Rientrès sulfureux, tu vois...

Oh ! quand même... C'était votre cuisse...

—  Que tu es bête, ma fille. Je ricanai.

—  Mais pourquoi était-elle revenue, alors ?

C'est exactement la question que jesuis posée cette nuit-làle lendemain et le jour d'après et tous les autres jours jusqu'à ce que jerevoie...

Vous l'avez revue quand ?

Deux mois plus tard.a débarqué en plein mois d'août, un soir, dans mon bureau. Je n'attendais personne.'étais revenu de vacances un peu plus tôt pour travailler au calme. La porte s'est ouverte et c'était elle. Elle était passée comme

ça. Au hasard. Elle revenait deet attendait le coup de téléphone d'une amie pour repartir. Elle m'avait cherché dans l'annuaire et voilà.

« Elle me rapportait le stylo que j'avais laissé à l'autre bout du monde. Elle avait déjàé de me le rendre au bar, mais cette, elle y pensait tout de suite et farfouillait déjà dans son sac.

«n'avait pas changé. Je veux dire, je ne l'avais pas idéalisée, je lui aié :

«

"'Mais... Vous ne venez que pour ça ? Pour le stylo ?

Oui, bien sûr. C'est un beau stylo. J'ai pensévous y teniez."

« Elle me l'a tendu en souriant. C'était un Bic. Un Bic rouge.

« Je ne savais plus quoi faire. Je... Elle m'a pris dans ses bras et je me suis laissé. Le monde m'appartenait.

« Nous avons traversé Paris en nous donnant la main. Depuis leéro jusqu'à l'île de la Cité en longeant la Seine. C'était une soirée. Il faisait chaud. La lumière était douce. Le soleil n'en finissaitde se coucher. Nous étions comme deux touristes, insouciants, émerveillés,veste sur l'épaule et les doigts emmêles. Je faisais le guide. Je n'avaismarché Comme ça depuis des années. Je redécouvrais ma ville. Nous avons dîné place Dauphine et passé lessuivants dans sa chambre d'hôtel. Je me souviens du premier soir. De sonût salé. Elle avait dû se baigner juste avant de prendre le train. Je m'étaisé dans la nuit parce que j'avais soif. Je... C'était merveilleux.

« C'était merveilleux et complètementé. Tout était faux. Ce'était pas la vie. Ce n'était pas Paris.'était le mois d'août. Je n'étais pas un touriste. Je n'étais pasélibataire. Je mentais. Je me mentais. À moi, à elle, à ma famille. Elle'était pas dupe et quand est venue l'heure de la gueule de bois, des coups deà passer et des mensonges à assumer, elle est repartie.

«la porte d'embarquement, elle m'a déclaré :

« "Je vais essayer de vivre sans vous.'espère que j'y..."

« Je n'ai pas eu le courage de'embrasser.

« Le soir,suis allé dîner au Drugstore. Je souffrais. Je souffrais comme s'il mequelque chose, comme si l'on m'avait amputé d'un bras ou d'une jambe.'était incroyable comme sensation. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Jesouviens que j'avais dessiné deux silhouettes sur la nappe en papier. La silhouettegauche, c'était elle de face et celle de droite, elle de dos. Je cherchais àsouvenir de l'emplacement exact de ses grains de beauté et quand le garçon'est approché et qu'il a vu tous ces petits points, il m'a demandé si j'étais. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, mais quand même, jeque c'était grave ! Pendantjours, j'avais été moi-même. Ni plus, ni moins que moi-même. Quand j'étais avec elle, j'avais l'impression'être un type bien... C'était aussi simple que ça. Je ne savais pas quepouvais être un type bien.

« J'aimais cette femme. J'aimais cette Mathilde. J'aimais le sonsa voix, son esprit, son rire, son regard sur le monde, cette espèce dedes gens qui se sont beaucoup promenés. J'aimais son rire, saé, sa discrétion, sa colonne vertébrale, ses hanches un peu, ses silences, sa douceur et... tout le reste. Tout... Tout. Jepour qu'elle ne puisse plus vivremoi. Je ne pensais pas aux conséquences de notre histoire. Jejuste de découvrir que la vie était beaucoup plus gaie quand on était heureux. Il m'avait falludeux ans pour le découvrir et j'étais si émerveillé que je'interdisais de tout gâcher en scrutant l'horizon. J'étais le Ravi de laèche...nous resservait à boire.

est aussi à partir de ce moment-là que je suis devenu un workaholic, commeles Américains. Je passais le plus clair de mon temps dans mon bureau.'arrivais avant les autres et repartais bon dernier. Je travaillais le samedi et piaffais tout le dimanche. Jeétextais n'importe quoi. J'avais finalement décroché le contrat avec Taïwan et pouvais manœuvrer plus librement. J'en profitais pour échafauder d'autres projets. Plus ou moins. Et tout ça, tous ces jours etces heures insensés pour une seule raison : parce que j'espéraiscoup de téléphone.

«femme était quelque part sur cette planète, peut-être à deux pas,être à dix mille kilomètres et la seule chose qui comptait, c'était'elle puisse me joindre.

«'étais confiant. J'étais plein d'énergie. Je crois que j'étais assez heureux àépoque de ma vie parce que même si je'étais pas avec elle, je savais qu'elle existait. C'était déjàéré.

« J'ai eu de ses nouvelles quelques jours avant Noël. Elle allaiten France et me demandait si j'étais libre à déjeuner la semaine suivante. Nous nous sommesé rendez-vous dans le même petit bar à, mais voilà, ce n'était plus l'été et quand elle a voulu prendre ma, je l'ai retirée prestement. "Vous êtes connu ici ?", m'a-t-elleé en piquant du nez.

« Je l'avais blessée. J'étais malheureux. Je la lui ai rendue, mais elle n'en a rien fait. Lese couvrait alors que nous ne nous étions pas encore retrouvés. Je'ai rejointe le soir même dans une autre chambre d'hôtel et quand, enfin,'ai pu glisserdoigts dans ses cheveux, j'ai recommencé à vivre.

« Je... J'aimais faire l'amour avec elle.

« Le lendemain après-midi, nous nous sommes revus au même endroitle jour d'après encore... C'était Favant-veille de Noël, nous allions nouséparer, je voulais lui demander quels étaient ses projets mais je n'osais pasla bouche. La peur était là. Ce truc dans mon ventre qui m'empêchait desourire.

« Elle était assise sur le lit. Je suis venuelle et j'ai posé maête sur ses cuisses.

«

"Qu'allons-nous devenir ?" a-t-elle demandé.

« Je me taisais.

«

"Vous savez, quand vous êtes parti hier en me laissant dans cette chambreplein milieu de l'après-midi, je me suisque je ne revivrais plus jamais ça. Plus jamais, vous m'entendez ? Plus jamais... Je me suis rhabillée, je suis. Je ne savais pas où aller. Je ne veux plus revivre ça, je ne veux plus m'allonger avec vous dans une chambrevous voir partir après. C'est trop dur."

« Elle articulait.

« "Je m'étais promis de ne jamaisavec un homme qui mesouffrir. Je crois que je ne le mérite pas, vous comprenez ? Je ne le mérite pas. Alors, c'est la raison pour laquellevous le demande : qu'allons-nous devenir ?"

« Je restais muet.

« "Vous ne dites rien ? Je m'en doutais. Qu'est-ce que vous pouvezde toute façon ? Qu'est-cevous pouvez faire ? Vous avez votre femme et vos enfants. Et moi, qu'est-ceje? Je ne suis presquedans votre vie. Je vis si loin... Siet si étrangement... Je ne sais rien faire comme les autres. Je'ai pas de maison, pas de meubles, pas de chat, pas de livre de cuisine etde projets. Je croyais que c'était moi la plus maligne, que j'avais comprisvie mieux que les autres, et je meparce que je n'étais pas tombée dans le piège. Et puis vousà, et je me sens complètement perdue. « Maintenant, j'aimerais bien'arrêter de courir un peu parce que je trouve que la vie est belle avec vous. Je vous l'avais dit que'essaierais de vivre sans vous... J'essaie, j'essaie, mais je ne suistrès vaillante, je pense à vous tout le temps. Alors je vous le demandeet pour la dernière fois peut-être, qu'avez-vous l'intention dede moi ?

aimer.

?

Je vous promets que je ne vousplus jamaisune chambre d'hôtel. Je vous le promets."

« Et je me suis retourné pour enfoncer mon visage entre ses jambes. Elle m'a soulevé par les cheveux.

« "Mais quoi?

Je vous aime. Je ne suis heureux qu'avec

. Je n'aime que vous. Je... Je... Faites-moi

..."

« Elle a relâché ma tête et notre conversation s'est étouffée là.l'ai prise tendrement mais elle ne s'abandonnait pas, elle se laissait. C'était toute la différence.

—  Que s est-il passé ensuite ?

—  Ensuite nous nous sommes quittés pour laère fois... Je dis « première fois » parce que nous nous sommes tellementés... Et puis je l'ai rappelée... Je l'ai suppliée... J'ai trouvé unétexte pour retourner en Chine. J'ai vu sa chambre, sa logeuse...
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