Je dis que je vais les emmener. Çafera du bien de partirpeu


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J'ai l'impression que nousparlons pas demême personne...ne m'a pas entendue.tenait droit. Il ne parlait plus. Il n'avait pas croisé ses jambes. Son verre

était posé sur ses cuisses.ne distinguais pas son.visage était dans l'ombrefauteuil.

J'ai aimé une femme... Je neparle pas de, je te parle d'une autre femme.'avais rouvert les yeux.

Je l'ai aimée plus que. Plus que tout...
« Je ne savais pas qu'on pouvait aimer à ce... Enfin, moi en tout cas, jequen'étais pas... programméaimer de cette façon. Les déclarations, les insomnies, les ravages depassion, c'était bon pour les autres tout ça. D'ailleurs, le seul mot deme faisait ricaner. La passion, la passion ! Je mettais ça entreet superstition, moi... C'était presque un gros mot dans ma bouche. Et, ça m'est tombé dessus au moment où je m'y attendais le moins. Je... J'aié une femme.

« Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m'en défendre, et puis...se raclait la gorge.

Etje l'ai perdue. De la même manière.ne bougeais plus. Une enclume venait de me tomber sur la tête.

Elle s'appelait Mathilde.s'appelle touMathilde d'ailleurs. Mathilde Courbet.

le peintre...

«'avais quarante-deux ans et je me trouvais vieux déjà. Je me suis toujoursé vieux de toute façon. C'est Paul qui était jeune. Paul sera toujourset beau.

« Moi,suis Pierre. Le besogneux, le laborieux.

«

À dix ans, j'avais déjà le visage que j'ai aujourd'hui. La même coupe de, les mêmes lunettes, les mêmes gestes, les mêmes petites manies. À dix ans, je changeais déjà mon assiettemoment du fromage, j'imagine...lui souriais dans le noir.

Quarante-deux ans...'attend-on de la vie

à quarante-deux ans ?

«, rien. Je n'attendais rien. Je travaillais. Encore et encore et toujours.'était ma tenue de camouflage, mon armure, mon alibi. Mon alibi pour ne pas vivre. Parce que je n'aimaistellement ça, vivre. Je croyais que je n'étais pas doué pour ça.

«m'inventais des difficultés, des montagnes à gravir. Très hautes. Trèsées. Et puis je remontais mes. Je les gravissais et j'en inventais d'autres. Je n'étais paspourtant, j'étais sans imagination.a bu une gorgée.

—  Je... Je ne savais pas tout ça, tu sais...'est Mathilde qui me l'a appris. Oh,é... Comme je l'aimais... Comme je l'aimais... Tu es toujours là?

—  Oui.

—  Tu m'écoutes ?

—  Oui.

—  Je t'embête ?

—  Non.

—  Tu vas t'endormir ?

—  Non.'était levé pour remettre une bûche. Il est resté accroupi devant la cheminée.

Tuce qu'elle me reprochait ? Elle me

d'être trop bavard. Tu te rends

? Moi... Trop bavard ! C'est incroyable,

? Mais c'était vrai pourtant... Je posais ma

ête sur son ventre et je parlais. Je parlais pen-des heures. Des jours, même. J'entendais le son de ma voix devenue si grave sous sa peau et'aimais ça. Un vrai moulin à paroles... Je la soûlais. Je la noyais. Elle. Elle me disait, mais, chut, ne parle pas tant, je ne t'entends plus.est-ce que tu parles comme ça ?

«'avais quarante-deux ans de silence à rattraper. Quarante-deux années que jetaisais, que je gardais tout pour moi. Qu'est-ce que tu disais tout à'heure ? Que mon mutisme ressemblait à du dédain, c'est ça ? C'est blessant,je peux le comprendre, je peux comprendre les reproches qui me sontés. Je peux les comprendre, mais je n'ai pas envie de m'en défendre.'est bien là le problème d'ailleurs... Mais, du dédain, je ne crois pas. Siï que cela puisse te sembler, je crois que mon mutisme ressemble plutôt àla timidité. Je ne m'aime pas assez pour accorder une quelconque importance

à mes propos. Tourne sept fois ta langue dans ta bouche, dit l'expression. Moi,la tourne toujours une fois de trop. Je suis décourageant pour les autres...ne m'aimais pas avant Mathilde et je m'aime encore moins depuis. Je supposeje suis dur à cause de ça...s'était rassis.

Je suis dur dans le travail, mais là, c'est parce que je joue un rôle, tu comprends ? Je suisé d'être dur. Obligé de leur faire croire que je suis une terreur.imagines s'ils perçaient mon secret ? S'ils apprenaient que je suis timide ? Que je suis obligé de travailler troisque lespour arriver au même résultat ? Que j'ai une mauvaise mémoire ? Que je suis lent à la comprenette ? Tu te rends compte ? Mais'ils savaient tout cela, ils me boufferaient tout cru !

«puis je ne sais pas me faire aimer... Je n'aide charisme, comme on dit. Si j'annonce une augmentation, je prendston cassant, si l'on me remercie, je ne réponds pas, quand je veux faire ungeste, je m'en empêche et si j'ai une bonne nouvelle à répandre, jeFrançoise de cette tâche. Sur le plan du management, des ressources, comme ils disent aussi, je suis une calamité. Une véritable Calamité.

« C'est Françoise justement qui m'avait inscrit contre mon gré à une espèce de stage pour patrons ringards. Quelles foutaises... Deux joursés au Concorde La Fayette de la porte Maillot à ingurgiter ladémagogique d'une psy et d'unéricain surexcité. Il vendait son bouquin à la fin. Be the Best andin Love ça s'appelait. Mon Dieu, quelle fumisterie quand j'y...

«

À la fin du stage, je me souviens, on nous avaité un diplôme de gentil patron com-préhensif. Je l'ai offert àçoise qui l'a punaisé dans le placard où l'on rangeait les produits'entretien et les rouleaux de P.Q.

« "C'était bien

? m'a-t-elle demandé.

'était affligeant."

« Ellesouri.

«

"Écoutez, Françoise, ai-je ajouté, vous qui êtes ici comme Dieu le Père, dites à ceux que ça intéresse quene suis pas aimable mais qu'ilsperdront jamaisplace parce que je suis très fort en calcul mental.

Amen",elle murmuré en baissant la

ête.

« Mais c était vrai. En vingt-cinq ans de, je n'ai subigrève et je n'ai jamais licencié personne. Même quand ça a été si difficiledébut des années 1990, je n'ai licencié personne. Personne, tu m'entends ?

Suzanne ?

Pourquoi vous êtes si dur avec elle ?

Tu me trouves dur ?

Oui.

Dur comment ?

Dur.avaitnouveau posé sa tête sur le fauteuil.

Quands'est rendu compte que je

trompais, je ne la trompais plus depuis long

. J'avais... Je te raconterai ça plus tard...
À l'époque, nous vivions rue de la Convention.

n'aimais pas cet appartement. Je n'aimais

la façon dont elle l'avait décoré. J'étouffais

à-dedans. Trop de meubles, trop de bibelots,

de photos de nous, trop de tout. Je te dis
ça, ça n'a aucun intérêt... Je venais dans cet

pour y dormir, et parce que may vivait. Point. Un soir, elle m'aél'emmener dîner. Nous sommes allés en bas

la maison. Une espèce de pizzeria minable.

lumière des néons lui donnait une mine
épouvantable. Elle qui s'était déjà composé une

ête de femme outragée, ça n'arrangeait rien.'était cruel mais je nepas fait exprès, tu sais. J'avais poussé la porte du premier boui-boui... Pressentant ce qui allait m arriver, je n'avais pas envie de me trouverde mon lit. Et en effet, ça n'a pas traîné. À peine avait-elle reposé leque, déjà, elle éclatait en sanglots.

«savait tout. Que c'était une femme plus jeune. Elle savait depuis combientemps ça durait et comprenait pourquoi j étais toujours parti maintenant.ne pouvait plus le supporter. J'étais un monstre. Méritait-elle autant deépris ? Méritait-elle d'être traitée comme ça ? Comme une souillon ? Au début,avait fermé les yeux. Elle se doutait bien de quelque chose, mais elle meconfiance. Elle pensait que c'était un coup de tête, un coup de sang,'envie de plaire encore. Quelque chose de rassurant pour ma virilité. Et puisy avait mon travail. Mon travail si prenant, si difficile. Et elle, elle

était tout accaparée par l'aménagement de la nouvelle maison. Elle ne pouvaittout gérer d un coup. Elle ne pouvait pas être sur tous les fronts en même! Elle me faisait confiance ! Après il y avait eu ma maladie et ellefermé les yeux. Mais, là, maintenant, elle ne pouvait plus le supporter., elle ne pouvait plus me supporter. Mon égoïsme, mon mépris, la façon... À ce moment-là, le serveur l'a interrompue, et, en l'espace d'uneseconde, elle avait changé de masque. En lui souriant, elle lui demandaitprécisions sur les tortellinis je-ne-sais-quoi. J'étais fasciné. Quand il'est tourné vers moi, j'ai balbutié un "C...Madame" affolé. Pas une seconden'avais songé àfichue carte, tu penses. Pas une seconde...

« C'est là que j'ai mesuré la force de Suzanne. Sa force immense. Le rouleau compresseur,'est elle. C'est là que j'ai su qu'elle était de très loin la plus solide etrien ne pouvait l'atteindre vraiment. En fait, c'était juste une bêted'emploi du temps. Elle venait me chercher des poux dans la tête parcesa maison du bord de mer était terminée. Le dernier cadre accroché, laère tringle posée, elle s'était finalement tournée vers moi et avait étéée par ce qu'elle venait d'y découvrir.

«répondais à peine, me défendais mollement, je te l'ai dit, j'avais déjàMathilde à ce moment-là...

« Je regardais ma femme s'agiter en face de moi dans une pizzeriadu quinzième arrondissement de Paris et j'avais coupé le son.

« Elle gesticulait, laissait rouler de grosses larmes sur ses joues, se mouchait et sauçaitassiette. Pendant ce temps, j'enroulais indéfiniment deux ou troisautour de ma fourchette sans jamais parvenir à les hisser jusqu'à ma. Moi aussi, j'avais très envie de pleurer mais je me retenais...

Pourquoi vous vous reteniez ?

Question d'éducation, je pense... Et puis je me sentaissi fragile... Je ne pouvais pas prendre le risque de me laisser aller.là.. Pas avec elle. Pas dans cette gargote sordide. Jetais... Comment te... Si friable.

« Elle m'a raconté ensuite qu'elle avait consulté un avocat pour mettre en route uneédure de divorce. J étais soudain plus. Un avocat ? Suzanne demandant le divorce ? Je n'imaginaisque les choses étaient allées si loin, qu'elleété à ce point blessée... Elle avait vu cette femme, la belle-sœur'une de ses amies. Elle avait beaucoup hésité mais en rentrant d'un week-end, elle avait pris sa décision. Elle l'avait prise dans la voiture sur ledu retour alors que je ne lui avais adressé la parole qu'une seule foislui demander si elle avait la monnaie du péage. C'était une espèce de rouletteconjugale qu'elle avait inventée : si Pierre me parle, je reste, s'il nepas, je divorce.

« J'étais troublé. Jela savais pas si joueuse.

« Elle avait repris des couleurs et me regardait avec plus d'assurance à présent. Bien sûr,avait tout déballé. Mes voyages, toujours plus longs, toujours plus, mon désintérêt de la vie familiale, mes enfants transparents, lesde notes que je n'avais jamais signés, les années perdues à toutautour de moi. Pour mon bien-être, pour l'entreprise. Entreprise quià sa famille à elle, entre parenthèses, le sacrifice de sa. Comment elle s'était occupée de mamère jusqu'au bout. Enfin tout, quoi, tout ce qu'elle avait eude raconter, plus tout ce que les avocats aiment entendre pour pouvoirles dégâts.

« Moi aussi je reprenais du poil de la bête, on arrivait enconnu. Que voulait-elle ? De l'argent

? Combien ? Qu elle me fixe un montant, j'avais déjà sorti mon chéquier.

«non, elle me reconnaissait bien là, croyant m'en tirer à si bon compte...vraiment lamentable... Elle s'étaità sangloter entre deux bouchées de tiramisu. Pourquoi est-ce que je ne comprenais rien ? H n'y avait pas querapports de force dans la vie.'aident ne pouvait pas tout acheter. Tout racheter. Est-ce que je faisais semblant de ne rien comprendre ? Avais-je unœur ? J'étais vraiment lamentable....

«

"Mais pourquoi est-ce que tu ne demandes pas le divorce alors ? avais-jepar lâcher, agacé, je prends toutes les fautes sur moi. Toutes, tu'entends ? Même le caractère épouvantable de ma mère, je veux bien signerpart pour le reconnaître si ça te chante, mais ne t'encombre pas d'un, je t'en prie, dis-moi plutôt combien tu veux."

« Je l'avais piquéevif.

«a relevé la tête et m'a regardé dans les yeux. C'était la première foisdes années que nous nous regardions si longtemps. J'essayais deécouvrir quelque chose de nouveau sur ce. Notre jeunesse peut-être... Le temps où je ne la faisais pas. Où je ne faisais pleurer aucune, et où l'idée même de bavasser autour d'une table du sentimentme semblait inconcevable.

« Mais je n'ai rien découvert, seulement la moue un peu triste'une épouse vaincue qui s'apprêtait à passer aux aveux. Elle n'était pasée chez son avocate car elle n'en avaitle courage. Elle aimait sa vie, sa maison, ses enfants, ses commerçants... Elle avaitde se l'avouer, et pourtant c'était la vérité : elle n'avait pas lede me quitter.

« Pas le courage.

« Je pouvais courir si ça me chantait, je pouvais en sauter d'autres si ça me rassurait,, elle, elle ne partirait pas. Elle nepas perdre ce qu'elle avait. Cet échafaudage social. Nos amis,relations, les amis des enfants. Et puis il y avait cette maisonpimpante dans laquelle nous n'avions encore jamais dormi... C'était un risque qu'elle n'avait pas envie de. Après tout, qu'est-ce que

ça pouvait lui faire ? Il y en avait des hommes qui trompaient leur... Un paquet même... Elle s'était confiée et avait été déçue par laé de son histoire. C'était ainsi. Laà ce qui nous pendait entre les. Il fallait faire le gros dos et laisser passer l'orage. Ellefait le premier pas, mais l'idée de'être plus madame Pierre Dippel la laissait exsangue. C'était comme ça et c'était tant pis pour elle. Sans les enfants, sans moi, elle nepas lourd.
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